Banques italiennes : une bonne santé qui se paie

Graphique de la semaine

Au premier semestre 2023, les banques italiennes ont réalisé leurs meilleurs résultats depuis plus de 15 ans. Les deux plus grandes banques du pays, Unicredit et Intesa Sanpaolo, ont chacune dégagé plus de 4 milliards d’euros de profits au S1 2023. Au total, les revenus d’intérêt des banques italiennes ont augmenté de +58% entre le premier semestre 2022 et 2023*. Par conséquent, le gouvernement italien souhaite désormais créer une nouvelle taxe sur les profits du secteur bancaire.

NOTRE ANALYSE

La hausse des profits des banques s’explique par un environnement de taux plus élevés, mais aussi par un coût du risque toujours très bas. Au second semestre 2022, le rendement des capitaux propres (ROE) des banques italiennes avait atteint 9,1% en moyenne, son plus haut niveau depuis le S2 2007 (données BCE), et devrait s’avérer encore plus élevé pour le premier semestre 2023.

Dans ce contexte, le gouvernement italien souhaite introduire une « taxe sur les bénéfices exceptionnels » (« windfall tax ») qui ne s’appliquerait a priori qu’une seule année, de manière à récupérer environ 3 milliards d’euros auprès des banques italiennes. Selon les premières estimations, cette contribution représenterait entre 4% et 15% des profits 2023 des différents établissements concernés.

Le projet actuellement discuté impliquerait une taxe de 40% sur les montants au-delà a) d’une augmentation des revenus d’intérêt (NII) de 5% entre 2022 et 2021 et b) d’une augmentation de 10% entre 2023 et 2021. La taxe ne pourrait toutefois pas dépasser un plafond de 0,1% du total des actifs des établissements à fin 2022. À noter que les banques qui ont déjà augmenté les taux d’intérêt sur les dépôts n’auront pas d’impact significatif. Les discussions parlementaires pour convertir le décret en loi vont débuter en septembre.

Ces annonces survenues au mois d’août ont eu un bref impact sur le cours des banques italiennes avant de s’estomper lors des jours suivants, tant sur les marchés actions que les marchés de taux.

Voir aussi : https://latribune.lazardfreresgestion.fr/etats-unis-la-croissance-resistera-t-elle-a-une-impulsion-de-credit-tres-negative/

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L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 01 septembre 2023 et est susceptible de changer.

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